Tiny Shiny Ceramics est née loin de son atelier. Quelque part entre une table de cuisine au Cap, une école de céramique en France, et trois enfants qui grandissent. Voici comment.
Avant la porcelaine, il y a eu treize ans au barreau. Une vie de dossiers, de plaidoiries, de mots — un métier que j'ai aimé, et que j'ai fini par poser. Ce qui me manquait, je l'ai compris tard : faire de mes mains. Sentir une matière céder, résister, prendre forme. Garder à la fin de la journée une trace que l'on peut tenir.
La terre est arrivée comme une évidence un peu déraisonnable. J'ai repris les bancs de l'école pour apprendre le métier à la source, et passé un CAP Tournage en céramique — un diplôme d'État, à l'Académie de Bordeaux. On n'improvise pas la porcelaine : c'est sans doute la plus exigeante des terres, la plus capricieuse au tournage, la plus belle une fois cuite. Translucide, douce, étonnamment solide. Il fallait que ce soit elle.
Pourquoi les tout-petits
Maman de trois enfants, j'ai gardé en mémoire ces tout premiers objets que l'on pose autour d'un berceau : la tasse des premiers repas, la petite mélodie du soir. Des objets que l'on traverse vite, souvent en plastique, anonymes — et que l'on jette sans y penser. J'ai eu envie de l'inverse : que le tout premier trésor d'un enfant soit beau, doux, fait main, et pensé pour durer bien après l'enfance.
C'est devenu la ligne de tout ce que je façonne : des boîtes à musique et de la vaisselle de naissance en porcelaine, en petites séries, une pièce après l'autre. Et puis cette touche d'or, posée à la main et cuite à part, qui transforme un objet en souvenir — l'éclat que l'on garde, que l'on transmet.
Façonner loin de chez soi
Le paradoxe de cette aventure, c'est que je la mène depuis Cape Town, à des milliers de kilomètres de l'atelier qui m'attend en France. La collection mûrit ainsi, lentement, entre deux continents : les essais, les ratés, les émaux que l'on recommence, les formes que l'on abandonne. Cette patience-là n'est pas un retard — c'est le temps que les belles choses, comme les enfants, demandent.
À mon retour en France, à l'été 2027, j'ouvrirai mon atelier en Occitanie et donnerai vie à la collection. Là, dans une grange en pierre rénovée au cœur des champs de tournesols, prendront aussi place des ateliers et des séjours — céramique et yoga — pour offrir à d'autres (futures) mamans cette même parenthèse : créer de ses mains, respirer, ralentir.
D'ici là, je partagerai ici les coulisses de cette création : ce qui sort du four, ce qui se brise, ce qui se décide. Ce journal est la fenêtre de l'atelier — entre Cape Town et l'Occitanie, au fil des saisons.
— Amandine